
Avez-vous déjà eu l’impression qu’une pièce vous paraissait plus chaude ou plus froide qu’une autre, alors que la température affichée était identique ? Cette sensation est liée à la […]
De nombreux architectes contemporains intègrent des éléments de l’architecture vernaculaire dans leurs conceptions bioclimatiques, tels que l’utilisation de matériaux naturels, la maximisation de l’inertie thermique et l’optimisation de l’orientation des bâtiments pour profiter de l’énergie solaire. Cette continuité entre l’architecture traditionnelle et la conception bioclimatique illustre la pertinence et la durabilité des savoirs ancestraux dans le contexte moderne de construction durable.
Vernaculaire : associé à un lieu
Véhiculaire : qui s’échange
Une langue vernaculaire est une langue parlée localement par une certaine communauté : patois, dialecte.
Une architecture vernaculaire est également locale : toit de chaume en paille de seigle en Bretagne, cabane de pêche en roseaux dans les Bouches du Rhône etc.
Le lien entre les langues l’architecture se fait aisément, ainsi, une cabane de pierres sèches possède une multitude de noms différents selon les endroits :
Ainsi, une architecture vernaculaire regroupe l’ensemble des constructions typiques selon les techniques traditionnelles locales et les ressources locales également.
L’architecture vernaculaire est étroitement liée à l’architecture bioclimatique : les techniques et ressources utilisées dépendent de la région… et donc du climat !
L’architecture locale traditionnelle regroupe des conceptions audacieuses qui regorgent de solutions passives pour le chauffage, la ventilation naturelle etc.
Les constructions vernaculaires sont une mine d’inspiration pour des solutions durables et respectueuses de l’environnement : ces bâtiments sont le fruit d’une expérience accumulée sur des siècles pour répondre aux variations climatiques locales.
Leur utilisation judicieuse des ressources naturelles et leur intégration harmonieuse dans leur environnement en font des modèles pour une construction écologiquement responsable.
En étudiant les constructions traditionnelles, les architectes développement une vision affinée du comportement thermique des constructions anciennes. Les choix techniques qui répondent aux impératifs actuels et futurs (pics de chaleur, prix de l’énergie) proviennent alors de l’architecture du passé.
Adaptation au climat local |
Les constructions vernaculaires sont conçues en fonction des conditions climatiques spécifiques de la région où elles sont situées. Cela inclut l’orientation des bâtiments pour maximiser l’apport de lumière naturelle et minimiser l’exposition aux éléments, ainsi que l’utilisation de matériaux adaptés au climat local.
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Utilisation de matériaux locaux |
Les matériaux de construction utilisés sont disponibles localement, ce qui réduit les coûts de transport et minimise l’empreinte écologique associée à leur extraction et à leur utilisation. Les matériaux locaux et biosourcés peuvent inclure la pierre, le bois, la terre crue, le chaume, etc.
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Intégration dans le paysage |
Les constructions vernaculaires sont généralement conçues pour s’intégrer harmonieusement dans leur environnement naturel. Cela peut impliquer une utilisation discrète de la topographie locale, des formes architecturales qui reflètent les paysages environnants, et une palette de couleurs qui s’harmonise avec le cadre naturel.
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Maximisation de l’inertie thermique |
Les constructions vernaculaires sont souvent dotées d’une forte inertie thermique, ce qui leur permet de maintenir des températures intérieures stables en absorbant et en restituant la chaleur de manière progressive. Cela est généralement obtenu en utilisant des matériaux massifs tels que la pierre ou la terre crue dans les murs et les planchers.
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Utilisation de techniques traditionnelles |
Les techniques de construction utilisées sont souvent transmises de génération en génération et sont adaptées aux ressources disponibles localement ainsi qu’aux savoir-faire traditionnels. Ces techniques peuvent inclure le torchis, la construction en pisé, la maçonnerie en pierre sèche, etc. |
Les colombages permettaient une structure légère tout en offrant un support pour les matériaux d’isolation. Les murs épais en torchis fournissaient une bonne isolation thermique, tandis que les fenêtres à volets permettaient de contrôler la ventilation naturelle en fonction des conditions climatiques.
Les murs épais en pierre offrent une excellente inertie thermique, absorbant la chaleur pendant la journée et la restituant lentement la nuit. Les ouvertures judicieusement placées permettent une ventilation naturelle, favorisant la circulation de l’air frais à l’intérieur des bâtiments.
Ces matériaux offraient une bonne isolation thermique, tandis que les cheminées et les conduits de ventilation permettaient d’évacuer la fumée et d’assurer une circulation d’air efficace à l’intérieur des habitations.
Les techniques passives de chauffage et de ventilation naturelle utilisées dans l’architecture vernaculaire sont intégrées dans la conception bioclimatique moderne pour maximiser l’efficacité énergétique des bâtiments.
Les murs épais en matériaux naturels offrent une bonne inertie thermique, tandis que les ouvertures judicieusement placées permettent une ventilation naturelle, favorisant la circulation de l’air frais à l’intérieur des bâtiments.
L’utilisation de matériaux locaux réduit l’empreinte carbone associée au transport des matériaux et favorise la durabilité en préservant les ressources naturelles de la région.
Certaines régions offrent des subventions ou des incitations financières pour la rénovation ou la construction de bâtiments utilisant des techniques de construction vernaculaires en raison de leur contribution à la durabilité et à la préservation du patrimoine culturel.
Sources :
Agence internationale de l’énergie
Clément Gaillard, « L’approche énergétique de l’architecture vernaculaire : genèse et développement », Socio-anthropologie [En ligne], 42 | 2020, mis en ligne le 07 décembre 2020, URL : http://journals.openedition.org/socio-anthropologie/7372 ; DOI : https://journals.openedition.org/socio-anthropologie/7372