
Avez-vous déjà eu l’impression qu’une pièce vous paraissait plus chaude ou plus froide qu’une autre, alors que la température affichée était identique ? Cette sensation est liée à la […]
Si vous avez toujours l’impression de courir après le temps malgré des innovations technologiques sensées nous faire gagner du temps, alors ce concept d’urbanisme est fait pour vous !
La ville du quart d’heure est un concept qui réorganise l’urbanisme de manière plus écologique et plus durable : tous nos besoins doivent se trouver dans un périmètre de 15 minutes autour de notre domicile.
Ce concept signe le retour de la proximité ! Il est stipulé que tous nos besoins fondamentaux doivent être satisfaits dans un rayon de 15 minutes de marche ou de vélo à partir de notre domicile.
Carlos Moreno, qui est à l’origine de la ville du quart d’heure explique :
« La ville du quart d’heure cherche à promouvoir une ville où les services des proximité viennent faciliter la vie et aux citoyens »
« Nous voulons que, dans la ville, à l’endroit où nous habitons, on ait se déplacer moins loin, que ça soit pour aller travailler, pour aller faire ses courses, pour se soigner, pour accéder à la culture ou pour se prélasser ».
Ainsi, l’organisation des villes se voit radicalement changer : il n’y a plus de distinctions entre des quartiers pour vivre, d’autres pour socialiser ou d’autres pour travailler. Désormais chaque quartier doit intégrer ces trois fonctions : vivre, socialiser et travailler.
Carlos Moreno est un franco-colombien spécialiste des villes et professeurs à l’université de Paris.
Tout démarre dans les années 1990 où Carlos Moreno constate que l’on veut combler l’éclatement spatial des villes par des innovations techniques : un métro plus rapide par exemple. En s’intéressant de près aux conséquences néfastes sur le bien-être des habitants et leurs rythmes de vie, il créé le concept de « ville du quart d’heure ».
Carlos Moreno met en avant six fonctions sociales indispensables qui doivent être accessibles en 15 minutes depuis chaque domicile de chaque habitant de la ville : se loger, travailler, accéder aux soins, s’approvisionner, apprendre, s’épanouir par le sport et loisirs.
Chaque fonction est détaillée pour une mise en place aisée :
Dans une ville du quart d’heure, faire une heure de trajet pour se rendre à son travail n’est pas l’idéal. En réduisant les trajets domicile-travail, on diminue le trafic sur les routes et dans les transports.
Si le télétravail n’est pas toujours évident à mettre en place à domicile (pas d’espace dédié, peur de la solitude), des espaces de coworking peuvent aisément être installés dans chaque quartier. A Paris, le taux d’utilisation des bâtiments est situé entre 30% et 40% du temps, une meilleure répartition des activités permet un meilleur taux d’utilisation des bâtiments sur le long terme.
La chronotopie consiste à prendre en compte les différents usages possibles en fonctions du temps disponible.
Exemples de chronotopie :
• Une école ouverte le week-end pour des activités culturelles
• Une salle de sport se transforme la nuit en discothèque
La ville est polyrythmique, les individus ont des rythmes différents ; et polychronique, l’usage des lieux varie selon les emplois du temps.
Johannesburg a mis à disposition des logements abordables dans l’ensemble des quartiers.
Los Angeles a permis aux promoteurs de construire davantage de logement près des arrêts de transport en commun très fréquentés.
Los Angeles promet à ses habitants d’avoir accès à des aliments frais à moins d’un kilomètre de chez eux d’ici 2035.
New York installe des marchés fermiers dans les cours d’école le week-end.
Portland redessine ses quartiers depuis le début des années 2000 afin d’arriver à une ville du quart d’heure d’ici 2030 pour 90% de ses résidents.
Paris, Melbourne, Ottawa et Shanghai se penchent également sur la question.
Le quotidien stressant et la sensation de toujours courir à 100 à l’heure sont des sentiments familiers ? Aujourd’hui, 80% de la population mondiale vit en ville dont l’urbanisation est portée sur l’accélération du rythme de vie. Pour résoudre ce sentiment de mal-être il est nécessaire d’adapter les villes aux différents rythmes et aux différents besoins des habitants.
L’urgence climatique qui est face à nous nécessite de repenser nos villes vers des endroits viables et vivables, durables et équitables.
La durée de déplacement maximale du fameux quart d’heure permet de limiter l’usage de la voiture ou autres transports polluants. La décongestion de la ville entrainera alors un air plus respirable sur le long terme.
Ralentir la ville dans son ensemble va accélérer la vie de quartiers : la vie sociale sera plus intense et l’économie locale plus dynamique. Les habitants s’approprient totalement les espaces de vie et s’investissent davantage dans des projets locaux.